Alors, le Prevenar ?
1 an et demi après, état des lieux de la lutte contre la méningite à pneumocoque.
Vous avez peut-être entendu parler du Prevenar, ce vaccin qui lutte contre la méningite à pneumocoque chez l’enfant.
Un an et demi après le début de son remboursement par la Sécurité sociale et son inscription au calendrier vaccinal, les laboratoires Wyeth prêchent pour leur chapelle et rappellent les terribles conséquences d’une méningite à pneumocoque sur un tout petit enfant.
Qu’est-ce que c’est ?
Streptococcus pneumoniae (pneumocoque) est un germe potentiellement dangereux très répandu dans le nez et la gorge de pratiquement tous les enfants à un moment ou à un autre de l’année.
Il se transmet facilement de l’un à l’autre et atteint son maximum de fréquence à l’âge pré-scolaire. La plupart du temps, le pneumocoque n’entraîne ni infection, ni symptômes. C’est le portage sain.
Mais parfois, la machine s’emballe et les conséquences sont lourdes.
- 10 à 12 % de décès. En France, le pneumocoque tuerait un enfant toutes les 3 semaines.
- 1ere cause de surdité acquise chez l’enfant. Suite à l’atteinte inflammatoire directe du nerf auditif et de l’oreille interne, la surdité est habituellement totale et définitive.
- Difficultés cognitives. Après une méningite à pneumocoque, dans 17 % des cas, un retard mental est constaté. On observe aussi des troubles de l’apprentissage, souvent sous-estimés. Ainsi, des troubles de l’attention et de la mémoire sont souvent décelés lorsque l’enfant entre à l’école primaire.
- Troubles neuromoteurs. Les causes peuvent être multiples et les troubles qui en résultent sont divers par leur type et leur intensité (paralysie complète ou incomplète).
Quels symptômes ?
Les symptômes d’une méningite à pneumocoque chez l’enfant de moins de deux ans s’apparentent plus souvent à un changement brutal de comportement dans un contexte fébrile qu’à des signes typiques.
C’est le professeur Joël Gaudelus, chef de service de pédiatrie au CHU de Bondy qui l’explique : « Un nourrisson fébrile et grognon justifie un examen clinique urgent d’autant plus qu’il est somnolent. Même en l’absence de nuque raide, la ponction lombaire s’impose. »
En conséquence
Fin 2003, la couverture vaccinale estimée avec Prevenar était de 40 % chez les enfants de moins de 1 an (avec un âge moyen de la première prescription à environ 4 mois et demi) et 15 % chez les enfants de 1 à 2 ans.
Sachez que la vaccination au Prevenar est recommandée dès 2 mois de vie et qu’elle peut être effectuée en même temps qu’une autre vaccination.
Evidemment, les laboratoires Wyeth ont tout intérêt (pécunier) à voir diffusé et utilisé leur précieux Prevenar, mais il n’en reste pas moins que cette méningite est terrible et que l’existence d’un vaccin pour la combattre est une chance.
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