Voilà. Top, la dame. Elle nous a gardés une heure trente, il y a eu des larmes, des silences, beaucoup de mots, des lapsus, des massages de pieds, un petit garçon planqué dans son manteau et fermé comme une huître qui a fini main dans la main avec la dame à lui expliquer son dessin, beaucoup de considération et de réflexion, une stratégie collective, et un fiston qui est d'accord pour revenir, OUF.
Au fait Mathilde, l'hapto c'est difficile à définir en qq mots. Science de l'affectivité, bof... Disons que le corps est impliqué; c'est aussi par le corps qu'on pense, qu'on ressent, qu'on va bien ou mal. Donc ça va passer par le toucher, très respectueux, très doux, apaisant et réconfortant. La "base" du corps (le bassin) est un point clé, comme les pieds et les mains. Il y a une petite éducation gestuelle : la confiance et le calme impliquent un toucher doux et léger, qui n'embrasse pas violemment (sans invite) pour soudain lâcher (abandonner). Et puis l'hapto est pour ce que j'en ai vu tjrs familiale ou collective : pour un enfant on va travailler sur la tryade mère-père-enfant. Même s'il aura son temps à lui avec la psy, c'est la tryade qui est convoquée et "soignée", parce que ce sont les relations entre nous qui sont analysées. Donc on ira une fois sur deux l'accompagner, son père et moi. Enfin c'est vivant : on se déplace dans le cabinet, on se déchausse, il y a des jouets qui finissent en vrac, on parle mais la psy aussi, beaucoup. La façon dont elle lui a expliqué ce qu'il ressentait, qui montrait une grande pénétration et considération de sa personne, a achevé de rassurer fiston qui disait juste que oui c'était ça, et ça semblait le soulager beaucoup que quelqu'un le dise aussi nettement.