Le premier geste est d'intervenir.... Mais si ça a une efficacité appare,te sur le court terme, qu'en est-il du long terme?
Dans la vie, on ne fait pas un câlin aux gens juste après s'être fâchée avec eux.
En faisant ça, on demande à notre enfant d'avoir un contrôle énorme sur lui : parvenir à canaliser son émotion, réprimer sa pulsion, fraterniser avec l'ennemi jusqu'à l'embrasser.
Quand on a un différend, il te faut du temps pour te remettre. Bien sûr nous on ne ne frappe pas.... Mais on ne réprime pas un sentiment intérieur.
Il peut avoir le droit d'être fâché et de trouver la situation injuste, sans avoir celui de réagir systématiquement par la brutalité.
Dans le bac à sable, je fais toujours un effort pour ne pas réagir dans de telles situations. A chaque fois que je l'ai fait, j'ai senti que mon fils obéissait pour me complaire, absolument pas parce qu'il intégrait une règle sociale.
Preuve, la façon dont les enfants viennent vers nous en pleurant quand ils ont été un peu bousculés : ils n'ont pas eu mal, mais se victimisent car c'est un petit bonus affectif à moindre coût. Là, ils dépendent de nous.
Ces affaires de bagarres au parc incluent les parents, comme dans un triangle : les enfants sont sous le regard des parents, et un enfant au comportement brutal (ou victimaire) quand sa mère est là n'a pas forcément le même quand elle ne l'est pas. Ne pas intervenir, c'est aussi l'aider à se libérer de ce joug affectif.
Mais j'ai remarqué qu'en laissant faire, peu à peu ils trouvent une voie. Et au lieu de consoler, protéger (bon, je le fais aussi hein....), j'essaie de guider : pourquoi t'es-tu trouvé dans cette situation? (l'enfant victime se pose en victime : pourquoi? Comment le sortir de là?). Comment faire pour réagir dans le bon sens, la prochaine fois?.... On y revient sur le coup, et aussi plus tard à la maison, au calme.
Au bac à sable, les mamans sont là. Dans la cour de récré, non. Plus tard non plus.... Apprendre à se positionner seul face aux autres, à défendre sa position, c'est capital. Et ça commence très tôt.
Enfin, j'ai aussi remarqué que quand je réagis, c'est aussi un truc social qui se joue entre moi et les autres parents, ne pas être celle qui laisse faire....