Flit, je compatis à fond, on a eu une période comme ça il y a qq temps (j'en avais parlé ici) et c'était terrible. Dans ces cas-là on a l'impression que l'enfant qu'on aime est parti, remplacé par un espèce d'étranger infernal. Première chose: c'est (encore et tjrs) une phase. ça va passer (chez nous ça avait duré environ un mois 1/2). A noter qu'on avait cette même assocation entre être à la maison/être infernal. Voilà quelques pistes issues de cette (cuisante) expérience:
- à l'école, l'enfant s'auto-contrôle en permanence. A la maison, il se lâche. Et il en a besoin. Il a du mal à réguler cette dépense d'énergie (voire, de rage) contenue. Donc mettre des limites, mais laisser libre cours au défoulage. A la maison, c'est une période où Gauvain a bcp joué à la bagarre avec son père (qui l'empêche de se faire mal tout en lui permettant ce "corps à corps" un peu violent qui le défoule). Lors des périodes libres, we, mercredi, privilégier les activités de plein air, le sport...
- Ni l'enfant ni les parents ne peuvent être sur tous les fronts à la fois. Donc, se fixer sur un objectif et lâcher sur le reste. Nous c'était : pas de grossièretés (il jurait comme un charretier). Dans la période la plus dure, on le reprenait uniquement là-dessus, on le laissait ne pas se laver, sortir de table quand il voulait, comater avec sa tétine devant la télé... (bon sans le laisser faire n'importe quoi non plus hein - l'essentiel était qu'on donnait l'impression de s'en foutre un peu. On faisait une remarque, puis on reprenait notre conversation comme si de rien n'était). Mais on était intransigeant sur le langage. Petit à petit, il a arrêté de jurer et à partir de là il s'est aussi surveillé sur le reste.
- Quand il fait ça, l'enfant se met au centre - on est focalisé sur lui. Or la place d'un enfant, c'est à la périphérie du couple. C'est lourd pour lui d'avoir le sentiment d'être tjrs responsable des humeurs de ses parents, même si c'est en apparence ce qu'il cherche. On a tâché ici de rester calmes et de bien lui signifier que c'est d'abord lui-même qu'il embête quand il fait ça; on essayait de relativiser l'importance de ces crises pour nous.
- un jour où il était insupportable, agressif même, j'ai eu une impulsion: je me suis agenouillée, je l'ai pris entre 4 yeux et je lui ai expliqué que je l'aimais, que je l'aimerais toujours quoi qu'il fasse et que j'étais très fière de lui même si je voyais bien que c'était pas facile de grandir. Et aussi que je savais bien qu'il était triste au fond de lui quand il faisait ce cirque. Alors ma petite terreur a complètement fondu en larmes, disant qu'il croyait que je l'aimais plus... Gros câlin, et à patir de là ça a été mieux. Conclusion: celui qui galère le plus en fait, c'est le boubi....