Oh là! Il s'en est passé des trucs aujourd'hui sur le divan, décidément...
Tu envisages de continuer avec quelqu'un d'autre?
(Au passage concernant cette histoire de divan: après un peu d'appréhension, je trouve ça très bien, la parole se libère beaucoup plus. Un vrai moulin).
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Non, là c'était déjà du luxe, j'ai rempilé parce qu'au moment d'arrêter j'ai eu une tuile et depuis c'est plus du soutien.
En juillet, plus de béquille!
C'est bien, le divan, hein?
Ton mec suit une analyse en même temps, non? Ca doit être rock'n'roll!
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Isis, c'est chouette que ta psy soit une tueuse, c'est hyper rassurant!
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Oui, le divan a vraiment permis d'avancer, enfin d'entrer vraiment "dedans". C'est très libérateur de parler comme ça pendant 30/40 minutes, pour l'instant c'est comme une soupape. Pendant qq séances je râlais car j'avais le sentiment de ne pas avancer. Et je commence à comprendre. L'analyse permet de recloisonner, de remettre des frontières là où c'était poreux (entre autres). On peut être bouleversé et en même temps continuer à faire sa vie, à bosser... L'affect n'est plus "polluant". Quelle découverte!
Mon mec aussi en effet, on en parle peu. Mais je sais que ça lui est indispensable. Lui, il y va deux fois par semaine, c'est différent (on n'ose pas calculer combien ça nous coûte en tout... Hum...)
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Ca coûte une fortune et ça vaut beaucoup plus. Aujourd'hui j'ai fait une sorte de bilan et je dois beaucoup à l'analyse. Ca a boosté ma capacité à être heureuse.
J'avais commencé comme ton mec, deux fois par semaine, c'est plus efficace au début (mais 4 séances par semaine pour la famille, ça fait beaucoup). En tous cas c'est une chance pour Gauvain, parce que sans être bloquant, tu définis au fur et à mesure le type d'éducation que tu veux donner, que tu peux donner, tes motivations, tes limites.
Bon moi aussi je vais me coucher, je deviens incohérente de fatigue, la journée a été riche en rebondissements.
Bonne nuit!
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Merdum, Laurence, le coup de la retraite !
Je ne suis pas encore prête au divan... Je sais qu'il faudrait pourtant. Mais lâcher prise, faire confiance, est probablement le truc le plus dur à faire pour moi.
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Non, c'est pas grave, fallait bien que j'arrête un jour.
Elle te propose le divan régulièrement ou c'est toi qui y penses?
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Elle ne m'en parle jamais. C'est toujours moi qui l'évoques. Je finirai bien par baisser la garde. Mais, franchement, c'est si différent ?
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Oui, c'est autre chose...Mais je n'assimilerais pas ça à baisser la garde, c'est toi qui décides de ce dont tu parles, et à qui.
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Personnellement, en face à face, je réagissais bcp aux micro expressions du type. le moindre haussement de sourcil, le moindre geste provoquait une censure, un arrêt, une orientation différente dans mon discours. Sur le divan, on profite de "l'attention flottante" dont parlait Freud pour libérer la parole, associer... Cette posture me semble la seule à permettre ça (sinon, je donne à l'autre ce que je déduis de son attitude qu'il a envie d'entendre).
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Mieux dit, Sumiko, merci!
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Dites, j'ai un problème, enfin une question. Parfois, j'ai l'impression de parler à mon psy comme à une sorte de conseiller conjugal voire... comme à une copine sur l'épaule de laquelle je m'épancherais. Avec un peu les meme mots. D'ailleurs je le lui ai dit, il n'a pas bronché, je me suis embourbée dans des questions chiantes du genre qu'est-ce que je peux dire ou pas, ce qu'il est mieux d'aborder, j'ai fait plein de digressions et j'ai paumé au moins deux séances comme ça. Alors je fais bien le boulot d'analyse toute seule : je sais que ça renvoie à ce complexe d'avoir l'impression de n'être jamais vraiment en phase, dans la "bonne" parole, à la culpabilité.... Et que ça marche bien mieux si je lâchê les chevaux plutôt que d'arreter la carriole toutes les trois minutes pour voir si par hasard l'un d'eux n'a pas envie de pisser (pardon pour cette métaphore triviale, dont je n'entamerai pas l'analyse car ça nous prendrait des heures et, bon, on est quand meme sur un forum - soi-disant - dédié à la parentalité, ne l'oublions pas, BREF).
Mais quand meme je me pose toujours la question, je ne sais pas, je suis mal à l'aise - dans une séance d'une demi-heure, impression de passer tout le temps à râler comme quand ça ne va pas et que je suis au café avec Joséphine, sauf que comme j'ai déjà tout raconté à Joséphine ben je répète et ça me gonfle, et en meme temps je suis tellement scandalisée par ce qui (m')arrive que je (re)vide mon sac. Mais du coup je rteste en surface et puis, surtout il y a cette espèce de gene à lui parler un peu comme s'il était ma pote. Vous en pensez quoi, les héroïques qui ont tout lu?
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j'ai lu jusqu'au bout et même deux fois, mais j'ai rien pigé.
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Nastia, au secours
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Bon alors complètement hors sujet, donc après je sors, promis, mais Bicha je me marre toute seule en lisant ton commentaire
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ah oui, su secours!
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Tadam...Moi j'ai compris
En fait le psy est en écoute flottante. Les mots que tu choisis, la manière de raconter ce qui te parait insignifiant, sont pleins de sens pour lui.
On n'avance pas toujours avec son cerveau, en étant une bonne analysée séduisante qui fait bien ses devoirs. Mais parfois en racontant n'importe quoi pendant 30 mn ou plus et en laissant filer les choses, parfois pendant plusieurs séances. Oublier la rentabilité du truc et lâcher prise, c'est hyper dur!
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C'est ce que je me dis, ça me rassure.
Mais, question subséquente plus franche : tu (vous) parlez de tout?
Deuxième : pour parfois même te (vous) plaindre? (genre rendez-vous compte de ce qu'on me fait subir, quelle bande de dégueulasses?). Ou bien tu (vous) es (êtes) DEJA distanciée(s) par le simple fait de prendre la parole dans son cabinet?...
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Je sors mes poubelles, je crie ma rage, je peste, je râle, je ressortais de certaines séances comme d'un ring de boxe. J'ai engueulé beaucoup mon psy "ouais, ça va, vous allez encore me dire ça, mais vous ne tenez pas la route, c'est nul comme interprétation". Ben oui, il a été choisi pour sa ressemblance avec mon père, il en a pris plein les dents!
L'idée, c'est que cette émotion (la colère au hasard) entre en résonance avec une émotion infantile par le jeu d'associations. C'est ensuite cette colère "originelle" que tu pourras travailler.
Bref, tu n'es pas là pour être bien élevée ou brillante, mais pour profiter d'un lieu où tu ne seras pas jugée, quels que soient tes propos.
Après tu peux travailler sur les non-dits (parce que tu ne veux pas, parce que ton surmoi censure, parce que tu as peur d'être débordée...entre autres).
Même aujourd'hui, il y a un sujet crucial auquel je pense depuis le mois d'aout et que je n'ai abordé que la semaine dernière. J'étais pas prête, je n'avais pas les mots.
Ensuite, tu découvriras le silence pendant l'analyse. Flippant, mais intéressant!
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Moi aussi il m'arrive de m'en vouloir de parler de choses insignifiantes mais qui gâchent mon quotidien. Des séances entières où on n'est pas dans l'analyse. Du coup j'ai parlé de ça à mon analyste. Elle m'a dit qu'une analyse passe toujours par des moments de psychothérapie, qu'on ne peut pas dissocier l'un et l'autre et qu'une psychanalyse sans aucune psychothérapie serait trop distanciée, trop dans les limbes...
Du coup plus de scrupules, je parle de tout, n'importe quoi. Et elle, elle fait le tri. Et moi aussi du coup. Et puis pour avancer vite et bien, les rêves c'est quand même le top quand je me perds dans mes petites contingences quotidiennes, ça m'en sort grave !
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Ok, maintenant j'ai compris.
Quelque part, pour que ca "vaille" les sous que ca vaut, il faudrait que ce soit "profond", le reste est pour Joséphine qui ne prend pas cher. Sauf que dans les "ralages" sans profondeur, il y a des choses qui font surface, non?
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Exactement.
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Plein de choses sont importantes dans les râlages, il ne faut pas les sous-estimer.
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Bon ben aujourd'hui j'ai bien râlé et parlé de tout sans complexe (=j'ai du dire bordel au moins 15 fois, pas de censure on a dit).
Par contre j'ai du payer la séance ratée (pas de ma faute d'ailleurs) la semaine dernière et j'ai bien les boules, là (vu l'état de mes finances)... Par ailleurs il voudrait que je vienne deux fois par semaine, je pense aussi que ce serait bien mais bon, concrètement, je ne peux pas.
Marre de tout tiens, aujourd'hui....
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Ce soir parler de ma voisine et de toutes ces meufs qui se mettent tant en valeur (versus me, l'éternelle adolescente brouillonne) m'a amenée à une conclusion étonnante au bout de 40 mn de blabla : je ne saurai pas qui je suis tant que je n'aurai pas une pratique artistique.
Du futile quotidien au profond...
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Merci pour le lien!
Le fait de "sentir" qu'il y a un problème, sans savoir lequel, ca signifie qu'il faut voir un psy?
Est-ce que de simples frayeurs nécessitent d'en voir un?
Est-ce que ca révèle quelque chose de grave quand on a peur de se retrouver abandonnée, alors qu'on a jamais eu d'expérience similaire terrifiante dans sa vie?
Et à quel moment on sait qu'on s'invente des problèmes ou qu'on en a réellement des vrais?
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Disons en tout cas que quand on se pose toutes ces questions, on est déjà dans le processus d'envisager d'aller consulter.
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Tout dépend à quel point ça t'empêche de bien vivre. Si tu te sens bien avec ces questions, c'est optionnel.
Si ça coince trop systématiquement, ça vaut la peine de voir quelqu'un, même de manière brève.
J'avais commencé une première psychothérapie en voulant moins pleurer.
Et quelques années plus tard une analyse pour savoir pourquoi je pleurais.
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Marrant, moi aussi ça s'est passé en double-détente.
D'abord, en 2000/2001 je crois, psychothérapie avec une psy kinésiologue pour traiter l'urgence, les blocages qui m'empêchaient de fonctionner au quotidien. Au bout d'un an j'ai arrêté. Et démarré une psychanalyse quand j'étais enceinte d'Augustin.
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Disons que le premier et principal effet, à mon avis, est celui de la mise à distance. Tu n'as plus le nez dans les choses, tu rétablis une distance entre toi et le monde (les autres, les émotions, le passé etc). Distance qui est celle de la réflexion, de la déculpabilisation, de la compréhension, etc. Les choses reprennent leurs proportions, c'est un processus de "déshystérisation" des rapports, si je puis dire.
A ma dernière séance, je suis arrivée en vrac parce que je me suis pris le bec avec la concierge de l'école. Envie de pleurer, d'écrire à la terre entière, de plastiquer l'établissement.... Bon, ben après la séance, alors qu'on n'a parlé de "l'affaire" que 2 minutes, j'étais toute allégée de cette émotion (dans ma vie, c'est tous les jours, ça : j'apprends à gérer).
Je continuais à penser que cette fille était stupide, mais ça n'avait plus d'impact sur mon bien (ou mal) être. Il y a donc un côté "régulation", soupape, essentiel pour moi : ça permet de travailler, de mener ses journées, plus sereinement et efficacement.
Après, quand tu plonges dans les arcanes de ta vie, tu travailles plus en profondeur, tu libères bcp de choses et tu grandis.
C'est une exéprience de parole très spéciale : tu parles à quelqu'un qui est concentré sur ce que tu dis, mais qui n'est pas partie prenante. On redécouvre même sa voix, il y a un côté physique assez fort (les première séance, je sortais épuisée, vidée - c'est le mot).
MAIS c'est un vrai travail. ça prend la tronche, du temps, de l'argent. Il faut être prête à s'investir (pour mon cas, j'ai cependant ressenti un gros mieux au bout d'un mois et demi d'analyse à raison d'une séance par semaine, ça va).
Quand tu rencontres la première fois un analyste, tu ne payes pas et tu peux poser plein de questions, discuter, il faut y aller tranquillement : tu n'es pas obligée de continuer avec cette personne-là si tu ne la "sens" pas. (à noter que je ne sentais pas très bien cet analyste mais que maintenant je suis très contente qu'il s'occupe de moi, on avance vraiment).
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