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Mère et femme  

Tellement Proches

Après Nos jours heureux, le nouveau film d'Olivier Nakache et Eric Toledano


Co-réalisateurs du long-métrage Je préfère qu'on reste amis et de la célèbre comédie Nos Jours heureux, Olivier Nakache et Eric Toledano reviennent avec Tellement Proches.
Dans ce nouveau film, ils auscultent la famille avec finesse, drôlerie et beaucoup d'émotion.
Paternité, belle-famille, transmissions... Ils en parlent avec nous. Interview.

Tellement Proches d'Eric Toledano et Olivier NakacheBebeguide.com : Avec Eric, vous êtes-vous inspirés de vos expériences en matière de paternité ?

Olivier Nakache : Oui et non, c’est vrai qu’on pioche dans les caractères qui nous entourent, nous sommes à la foi un peu d’Alain (le personnage de Vincent Elbaz) et un peu Jean-Pierre (François-Xavier Demaison). Mais encore une fois ce que l’on vit interagit sur notre cinéma et l’on fait sortir le tout sous forme de comédie, avec, on l’espère, une pointe d’émotion.

Est-ce que la vie de famille peut/doit supplanter l'individu et ses aspirations propres ?

En fait tout n’est qu’équilibre, il faut réussir à faire les bons compromis quand il le faut et parvenir à ne pas se faire avaler.
Au début du film on comprend rapidement que les personnages ne sont que dans le compromis familial et que la cocotte siffle et ne va pas tarder à exploser.

La famille est-elle nécessairement aliénante, oppressante ? (même les "choux" où vivent Jean-Pierre et sa famille sont oppressants)

On parle souvent de "cellule" familiale et  c’est vrai qu’elle peut apparaître comme une forme d’aliénation presque "carcérale" dans les cas extrêmes. Le défi est binaire : on doit parvenir à la fois à trouver sa place au sein d’une famille tout en continuant à tenter de s’épanouir au niveau personnel.

Nous sommes partis d’une phrase d’un thérapeute familial : "Vivre ensemble nous tue, nous séparer est mortel" et c’est vrai que cette définition s‘applique parfaitement à celle de notre film. Tellement Proches confirme la difficulté à trouver la bonne distance avec les gens que nous aimons.

À la fin du film, le personnage joué par Vincent Elbaz se réalise d'une certaine manière à travers son fils. Pourquoi ?

Tellement Proches d'Eric Toledano et Olivier NakacheSans dévoiler la fin, nous avions, dès le début de l’écriture, l’envie de parler de la paternité, de la transmission, de la filiation. Et c’est vrai que le rêve de pas mal de parents est de voir leur enfant réussir là où ils ont échoué.

Ensuite, durant tout le film le petit Lucien est diagnostiqué hyperactif - mot à la mode balancé dès qu’un enfant est un peu agité. En creusant on s’aperçoit que ces enfants sont juste le symptôme d’un couple, d’une famille malade. Ainsi dans le film Lucien cristallise les tensions, les problèmes, et veut sans cesse attirer l’attention sur lui.

Léonor de Bailliencourt

Tellement Proches d'Olivier Nakache et Eric Toledano, sortie le 17 juin, distribué par Mars Films.
Avec Vincent Elbaz, Isabelle Carré, François-Xavier Demaison, Audrey Dana, Omar Sy, Joséphine de Meaux, Jean Benguigui.



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